Zone côtière Nord et Est

Carte de la Zone Côtière Nord et Est

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Particulièrement vaste, la Zone Côtière Nord et Est a été décomposée en quatre sous-zones. Ces dernières ont des caractéristiques spécifiques dans la mesure où elles possèdent des peuplements de poissons et des fonctionnements a priori différents. Le niveau des connaissances est à peu près similaire dans chacune des sous-zones.

Secteur Nord-Ouest : sous-zone 1

Ttypologie récifale et habitat :
L’originalité de la zone réside dans la présence d’îles « hautes » continentales relativement élevées, comme Yandé ou Néba, habitats uniques en Nouvelle-Calédonie par leur taille, leur altitude et leur proximité avec la barrière récifale.
 
Biodiversité :
Cette zone se caractérise par des spécificités floristiques et faunistiques notables malgré le fait que la plus grande partie des organismes soit assez commun à l’ensemble des lagons et des récifs calédoniens. Ces spécificités s’expliquent notamment par :

  • La température moyenne de l’eau, généralement supérieure d’environ deux degrés par rapport aux lagons du Sud de la Nouvelle-Calédonie,
  • Les grandes plaines sédimentaires du lagon plus ou moins vaseuses et représentant des faciès particuliers grâce aux importants apports du plus grand fleuve de Nouvelle-Calédonie, le Diahot. Cette zone présente des biomasses de poissons très au-dessus des moyennes observées ailleurs en Nouvelle-Calédonie. On y observe en particulier des densités importantes de requins de récif, de mères-loches (Epinephelus malabaricus) et de loches castex géantes (Plectorhinchus albovittatus).

 
Espèces emblématiques :


Coraux feuillus

Cette zone abrite sept espèces de serpents marins qui ont été observées très fréquemment.
Le grand récif de Nénéma, qui borde la zone à l’Ouest, accueille de nombreux perroquets à bosse (Bolbometopon muricatum). Cet espace marin recèle également de fortes densités d’espèces emblématiques telles que des napoléons, des requins, de gros Serranidae et Haemulidae, des « pouattes » (Lutjanus sebae), des raies manta et des grosses carangues.
 
De plus, la zone « Koumac-Poum-Ouéga » contient 75% des îlots de la province Nord où nichent la plupart des oiseaux marins de la région.
 

Secteur Nord-Est : sous-zone 2

L’Analyse EcoRégionale a mis en évidence l’intérêt international de cette zone en terme de conservation.
Typologie récifale et habitat :
Le Nord et l’estuaire du Diahot sont variés puisqu’ils comportent quatre grands ensembles :

  • Le récif barrière externe (récif de Cook) avec une pente externe large et une terrasse lagonaire peu profonde comprenant des champs de constructions coralliennes très importantes,
  • Le récif frangeant protégé de lagon qui borde la Grande Terre,
  • Le récif barrière imbriqué de Tiari et le récif barrière côtier d’île continentale autour de l’île Balabio,
  • Quelques complexes de massifs coralliens de lagon.

 
Biodiversité :


La poule de Hienghène

L’espace marin comporte de nombreux habitats sur une faible distance. Ainsi, les mangroves d’estuaire denses et étendues contiennent presque toutes les espèces de palétuviers de la Nouvelle-Calédonie et notamment une espèce d’intérêt remarquable (Ceriops sp.). Les herbiers recouvrent également des surfaces importantes et jouent un rôle d’habitat pour des espèces commerciales et de nurserie pour certaines familles de poissons (Gerreidae, Lethrinidae, Lutjanidae).
 
Les fonds meubles situés entre le Diahot et les derniers îlots à l’Ouest de Balabio se caractérisent par des zones turbides à coraux branchus (Acropora sp.).

 
Espèces emblématiques :
On rencontre au sein de cette zone des sites de ponte de la tortue verte Chelonia mydas ainsi que des rassemblements de dugongs (Dugong dugon).
 

Secteur Est : sous-zone 3

Typologie récifale et habitat :
Ce site a pour particularité d’avoir un récif frangeant et un récif barrière très proches de la côte. Il est aussi remarquable par l’existence, au niveau de Hienghène, de deux récifs barrières, les deux barrières étant assez distantes l’une de l’autre et pas considérées comme un récif barrière double. La zone est bordée tout le long par des marais à mangrove frontale (environ 1 200 ha entre Ouégoa et Pouébo) qui s’étendent directement au dépens du lagon. Ainsi, sur quelques kilomètres sont regroupés des habitats variés tels que des mangroves, des récifs frangeants et des récifs barrière.
 
Biodiversité :
D’après les spécialistes, les pentes externes de cette zone sont en très bon état avec une couverture d’organismes vivants très dense et des coraux de grande taille, souvent exubérants. A l’inverse, les pentes internes sont le plus souvent en mauvais état avec des destructions importantes liées aux (derniers) cyclones. Plus au Nord, le nombre de faciès lagonaires est plus important, avec de belles zones d’herbiers et d’algueraies imbriquées. L’embouchure de la Ouaième représente une zone un peu particulière et bien connue pour la reproduction des requins.
 
Espèces emblématiques :
Il semble que les dugongs occupent préférentiellement les lagons de la côte Ouest et Nord-Est. Quelques spécimens, peu nombreux, ont un comportement sédentaire sur plusieurs points du littoral. Durant l’hiver austral, quelques baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) entrent dans le lagon et viennent se réfugier dans cette zone qui est, par ailleurs, un lieu de ponte pour les tortues « Grosse Tête » (Caretta caretta).
 

Secteur Sud-Est : sous-zone 4

Typologie récifale et habitat :


Perroquets à bosse

Le récif frangeant est assez étroit mais quasiment présent tout le long de cette côte. Dans cette zone, les fonds assez importants (40-60 m) qui séparent les récifs frangeants des autres récifs assurent une certaine indépendance à chaque type de récif. Le lagon est partagé longitudinalement en deux par une succession d’îlots et de récifs. Le littoral est entrecoupé par les rivières où abondent des mangroves, généralement réduites. Cette zone est aussi remarquable dans le Nord par la taille de ses récifs barrière et intermédiaire, l’ensemble formant une double rangée de récifs. Une réserve coutumière, très peu pêchée, comprend les récifs barrière doubles au Nord de l’îlot Atit. Au niveau de Hienghène, la côte très découpée se caractérise par des formations géologiques particulières, incarnées par la célèbre « Poule » de Hienghène, qui sont des formations calcaires non récifales à l’extérieur du récif.
 
Biodiversité :
Cette zone est, sans aucun doute, l’une des plus riches de Nouvelle-Calédonie en matière de biodiversité marine, tant pour les algues que pour les invertébrés marins et les poissons.
La faune ichtyologique est particulièrement abondante et variée, tant pour les espèces sédentaires que pour les espèces semi pélagiques. Quelques espèces, rares ailleurs, sont devenues quasi emblématiques pour les touristes plongeurs de Hienghène. Il s’agit particulièrement des « murènes ruban » (Rhinomuraena quaesita), de la « rascasse Merlet » (Rhinopias aphanes), des « perroquets à bosse » (Bolbometopon muricatum) et des grands bancs de carangues (Trachinotus blochii).
 
Espèces emblématiques :
Le lagon Est, au même titre que le Grand Lagon Sud, est utilisé comme zone de nurserie par les baleines à bosse. La proportion de femelles suitées et les comportements observés suggèrent l’utilisation de cette côte par ces dernières comme refuge privilégié. Entre septembre et octobre, des cachalots Physeter macrocephalus, en migration vers le Nord, frôlent les récifs du large.

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