Les aires marines protégées ou réserves marines

Au-delà de la réglementation générale qui s’applique à l’ensemble du territoire, des réserves marines existent au sein des sites proposés à l’inscription, d’autres sont en cours de création et/ou d’identification notamment en province Nord et en province des îles Loyauté. De façon générale, ces aires marines protégées ont pour but de renforcer la protection sur des sites bien précis soumis à des pressions et/ou des menaces identifiées et localisées. Elles peuvent aussi relever d’un simple souci de préservation du milieu marin pour des zones particulièrement importantes en terme de biodiversité et d’intégrité du milieu.
 

Au sein du site 1 (Grand Lagon Sud) :

Réserve intégrale « Yves Merlet » :

Afin d’assurer la protection et la conservation de la faune et de la flore terrestre et marine et pour en permettre l’étude dans les meilleures conditions, il a été créé dès 1970 une réserve naturelle sur les îlots et dans les eaux maritimes comprises entre le canal de la Havannah et la passe de la Sarcelle.
 
Sur toute l’étendue de la réserve les activités suivantes sont réglementées :
 
Passage et circulation en surface :
Tout passage de navire ou embarcation, quelque soit son mode de propulsion, est interdit à l’intérieur de la réserve, sauf cas de force majeure attaché à la recherche de la sauvegarde de la vie humaine en mer ou autorisation écrite accordée suivant la procédure fixée ci-après. Toutefois cette interdiction ne s’applique pas aux embarcations de type traditionnel qui continueront à bénéficier des possibilités de navigation selon les usages exercés habituellement à la date de création de la réserve.
 
Accès aux îlots et sur toutes parties découvrantes :
L’accès aux îlots et sur toutes parties découvrantes est interdit. Seul l’accès à l’îlot Kie, où existe un point d’eau et à l’îlot Améré est toléré aux bénéficiaires de l’exception prévue ci-dessus.
 
Exercice de la chasse et de la pêche en bateau ou à pied, extraction ou enlèvement de minéral, animal ou végétal et dégradation de toute nature :
La chasse ou la capture d’animaux, que ce soit à terre ou à partir d’un bateau, est totalement prohibée sur toute l’étendue de la réserve, sauf autorisation écrite qui ne sera accordée que pour des fins d’études ou de recherches scientifiques. L’exercice de toute pêche effectué soit à pied, soit à partir d’un navire ou d’une embarcation de quelque nature que ce soit, à l’aide de tous engins ou filet est interdit, sauf dérogation. Les dégradations de toutes natures, notamment les feux, dépôts de détritus ou d’objets divers sont interdits. La cueillette, l’enlèvement ou la récolte de tout minéral, animal ou végétal, ou partie d’animal ou végétal, de tout produit de la mer sont interdits sur toute l’étendue de la réserve, sauf autorisation écrite qui ne sera accordée que pour des fins d’études ou de recherches scientifiques.
 
Exercice de la pêche coutumière :
La pêche coutumière ne peut être exercée dans la réserve que dans les seules conditions définies ci-après :
  • sur les récifs Tia, Ua et Gunoma exclusivement, les pêches coutumières au moyen de lignes ou filets sont autorisées pour les collectivités exerçant traditionnellement la pêche dans la région considérée et à l’occasion uniquement des fêtes coutumières intéressant l’ensemble de la collectivité,
  • le chef de la collectivité organisant les fêtes coutumières doit en informer en temps utile les autorités chargées de la surveillance de la réserve,
  • les embarcations utilisées pour les pêches coutumières restent soumises au règlement en général de la réserve, notamment à l’interdiction de transporter des engins de chasse ou de chasse sous-marine.
Exercice de la pêche et de l’exploitation sous-marine :
La pêche et l’exploration sous-marines sont interdites sur toute l’étendue de la réserve sauf autorisations écrites accordées pour des fins d’études ou de recherches scientifiques. La détention à bord d’une embarcation d’engins de chasse ou de pêche sous-marine, ou de plongée sont interdites dans les mêmes conditions. La gestion de la réserve pourra être confiée à un organisme privé spécialisé, par convention qui fixera le cahier des charges et les conditions particulières attachées à la gestion de ladite réserve.
 

Au sein du site 2 (Zone Côtière Ouest) :

Plusieurs aires marines protégées situées dans ce site et correspondant à différentes catégories de classement UICN viennent renforcer ce dispositif réglementaire général.
 

Réserves du parc du lagon de Bourail :

En juin 1993, sur la base des consultations des populations riveraines et en s’appuyant sur des critères biologiques, et notamment l’existence de zones de pontes de tortues « grosses têtes » (Caretta caretta) et d’habitat unique en Nouvelle-Calédonie pour la langouste Panulirus homarus, l’Assemblée de la province Sud crée trois réserves spéciales marines Ces réserves spéciales marines sont constituées de trois périmètres distincts :
  • un périmètre englobant la baie de la Roche Percée et la baie des tortues,
  • une zone comprenant l’îlot Vert,
  • un périmètre le long de la plage de Poé,
L’ensemble représente une surface totale de 2 339 ha dont 17 de milieu terrestre et 2 322 d’écosystème marin. A l’intérieur de ces réserves, la capture ou la destruction par quelque procédé que ce soit des poissons, crustacés, coquillages et autres animaux marins ainsi que la récolte du corail sont interdits. Des dérogations aux précédentes interdictions peuvent être accordées par le président de l’Assemblée de la province Sud à des fins d’étude ou de recherches scientifiques ou pour des raisons tenant à la nécessité de rétablir l’équilibre des espèces.
 

Réserve spéciale marine de Ouano :

Face aux pressions qui s’exerçaient sur l’ensemble des communautés biologiques marines de la commune de La Foa, la création une aire marine protégée s’est peu à peu imposée auprès des riverains. Ainsi, depuis mars 2004 et par délibération sont interdits au sein de la « réserve spéciale marine de Ouano » :
  • l’introduction d’espèces végétales ou animales non domestiques, quel que soit leur état de développement,
  • la chasse ou la capture d’animaux terrestres ou marins que ce soit à partir de la terre ou à partir d’une embarcation de quelque nature que ce soit,
  • l’exercice de toute pêche à l’aide de tout type d’engin et pratiquée soit à pied, soit en action de nage à la surface ou sous-marine, soit à partir d’une embarcation de quelque nature que ce soit,
  • la cueillette, l’enlèvement, le déplacement ou la récolte de tout minéral, corail, fossile, animal ou partie d’animal, vivant ou mort,
  • la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou l’enlèvement de tous végétaux, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces végétaux au cours de leur cycle biologique ainsi que leur transport en dehors de la réserve marine,
  • tout acte ayant pour conséquence de porter atteinte, de quelque manière que ce soit, aux animaux ou à leurs oeufs, couvées, portées ou nids ou visant à les emporter hors de la réserve,
  • l’abandon ou le dépôt de tout produit de nature à nuire à la qualité de l’eau, du sol, de l’air ou du site ou à l’intégrité de la faune ou de la flore ainsi que l’abandon de tous détritus de quelque nature que ce soit,
  • les feux et barbecues en dehors des emplacements spécialement destinés à ces usages,
  • l’atterrissage ou le décollage d’aéronefs moto propulsés sauf en cas d’opérations de sauvetage ou de police ou de gestion de la réserve
  • l’introduction des chiens, à l’exception de ceux qui participent à des missions de police, de recherche ou de sauvetage.
La « réserve spéciale marine de Ouano », d’une surface totale de 2 980 hectares, couvre également la totalité du récif barrière « N’Digoro », la pente externe de ce dernier jusqu’à l’isobathe 80 mètres et toute la formation de mangrove située dans la zone, le long du littoral et ce jusqu’à la laisse des plus hautes eaux.
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