Histoire géologique

Formation des milieux coralliens calédoniens

Les premières tentatives d’édification récifale en Nouvelle-Calédonie datent de l’Éocène (environ 40 à 45 Millions d’années) mais ce n’est qu’au cours du Quaternaire (débutant il y a 2 Millions d’années) que les récifs coralliens vont connaître une grande expansion et se structurer pour donner les ensembles récifaux que l’on connaît actuellement. La période du Quaternaire se caractérise par une alternance, à peu près tous les 100 000 ans, de bas niveaux marins (correspondant aux périodes de glaciation ou périodes froides) et de hauts niveaux marins (correspondant aux périodes de déglaciation ou périodes chaudes). C’est au cours de ces dernières périodes, c’est à dire de hauts niveaux marins, que les récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie s’édifient en constituant tout un empilement de récifs au niveau de la barrière. Ceci n’est possible que grâce au mouvement lent mais significatif de subsidence (c’est à dire d’enfoncement) des bords de la Grande Terre qui permet aux récifs émergés, lors des bas niveaux marins correspondant à l’émersion généralisée des marges, de s’enfoncer et de créer ainsi un espace pour l’installation du prochain récif.

Lors de la dernière glaciation, il y a 20 000 ans, le niveau marin était plus bas de –120 à –130 m par rapport au niveau marin actuel et la Grande Terre s’étendait jusqu’aux limites actuelles du récif barrière et l’embouchure des rivières se situaient au niveau des passes actuelles (comme les passes de Boulari, Dumbéa, etc…). Suite à l’élévation du niveau de la mer due à la déglaciation au niveau des pôles, passant de –130 m au niveau actuel , la plaine côtière que constituait alors le lagon de Nouméa fût progressivement ennoyée à partir de 9 à 10 000 ans jusqu’au niveau marin actuel comme le montre la figure suivante. Le récif a pu ainsi se ré-installer sur l’ancienne barrière et s’édifier à partir de cette date jusqu’à l’actuel à un taux de plusieurs millimètres par an. Depuis la “stabilisation” du niveau marin, on assiste essentiellement à une accrétion horizontale du récif plutôt qu’à une croissance verticale.

Figure montrant les différentes positions du niveau marin dans le lagon de Nouméa à la suite de la dernière déglaciation et montrant les épaisseurs du récif moderne en divers point de la barrière et de certains îlots (d’après Catellaro, 1999).